🛡️ Anti-Recouvrement
Lettres types

Saisie sur salaire 2026 : barème, réforme et comment la contester

Publié le 21 septembre 2026 · Mis à jour le 21 septembre 2026 · 12 min de lecture

Vous avez reçu une lettre de recouvrement ?

Vérifiez gratuitement en 3 minutes si votre dette est prescrite ou si la procédure est contestable.

Analyser ma lettre gratuitement

Une saisie sur salaire ne peut porter que sur une fraction de votre rémunération, calculée par tranches, et doit vous laisser au minimum 651,69 € par mois. Elle suppose un titre exécutoire, et depuis le 1er juillet 2025 elle est mise en œuvre par un commissaire de justice, sans passage préalable devant le juge.

Cette réforme a supprimé l'étape qui protégeait le plus les débiteurs : l'audience de conciliation devant le juge de l'exécution. Vérifier soi-même le calcul et les délais est donc devenu la seule protection réellement disponible.

Ce qui a changé au 1er juillet 2025

La loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 et le décret n° 2025-125 du 12 février 2025 ont déjudiciarisé la procédure. Concrètement :

La conséquence pratique est directe : plus personne ne vérifie spontanément que la dette est exigible, que le titre n'est pas prescrit ou que vos charges de famille sont prises en compte. C'est à vous de le faire.

Le barème 2026

Le barème est révisé chaque année par décret — celui applicable en 2026 a été publié fin décembre 2025. Il s'applique par tranches, sur la rémunération nette annuelle, déduction faite des cotisations obligatoires.

Tranche de rémunération annuelle nette Équivalent mensuel Fraction saisissable
Jusqu'à 4 480 € jusqu'à 373,33 € 1/20
De 4 480 € à 8 730 € 373,33 € à 727,50 € 1/10
De 8 730 € à 13 000 € 727,50 € à 1 083,33 € 1/5
De 13 000 € à 17 230 € 1 083,33 € à 1 435,83 € 1/4
De 17 230 € à 21 470 € 1 435,83 € à 1 789,17 € 1/3
De 21 470 € à 25 810 € 1 789,17 € à 2 150,83 € 2/3
Au-delà de 25 810 € au-delà de 2 150,83 € Totalité

Deux correctifs s'appliquent, et ce sont eux qui sont le plus souvent oubliés :

La majoration pour personne à charge. Chaque tranche est majorée de 145 € par an et par personne à charge — conjoint ou concubin sans ressources, enfant à charge ouvrant droit aux prestations familiales, ascendant vivant au foyer dont les ressources sont inférieures au RSA. Cette majoration n'est pas automatique : elle suppose que vous produisiez les justificatifs. Si personne ne vous les a demandés, c'est probablement qu'elle n'a pas été appliquée.

Le minimum insaisissable. Quelle que soit l'application du barème, il doit vous rester une somme au moins égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule, soit 651,69 €. Ce plancher est absolu — sauf pour les créances alimentaires, qui échappent en partie à ce mécanisme via la procédure de paiement direct (article L213-1 du Code des procédures civiles d'exécution).

Enfin, s'il existe plusieurs créanciers, il n'y a qu'une seule quotité saisissable, répartie entre eux par le commissaire de justice répartiteur. Un second créancier ne double pas la retenue.

Vérifier avant de contester : les six points de contrôle

  1. Le titre existe-t-il vraiment ? Demandez copie du titre exécutoire et de son acte de signification. Une ordonnance d'injonction de payer non signifiée dans les six mois de sa date est non avenue (article 1411 du Code de procédure civile).
  2. Le titre est-il encore exécutable ? Le droit d'exécuter un jugement se prescrit par dix ans (article L111-4 du Code des procédures civiles d'exécution). Vérifiez la date du titre et celle du dernier acte d'exécution.
  3. Le calcul est-il juste ? Reprenez le barème ci-dessus sur votre net imposable mensuel. Une erreur d'une tranche change la retenue du simple au double.
  4. Vos charges de famille sont-elles comptées ? 145 € par an et par personne, justificatifs à l'appui.
  5. Le décompte est-il détaillé ? Principal, intérêts avec leur taux, frais d'exécution. Les frais de recouvrement amiable restent à la charge du créancier (article L111-8 du même code) et n'ont rien à faire dans un décompte de saisie.
  6. Les sommes insaisissables sont-elles exclues ? Remboursements de frais professionnels, indemnités ayant le caractère de dommages-intérêts, et plus généralement les sommes qui ne constituent pas une rémunération du travail.

Contester : où, quand, comment

La contestation relève du juge de l'exécution. Elle doit être formée dans le mois de la signification de l'acte contesté, et il est prudent de retenir ce délai comme un maximum absolu plutôt que comme une indication. Saisir le juge n'interrompt pas la retenue de plein droit : c'est le juge qui peut ordonner la mainlevée, le cantonnement ou la suspension.

Avant ou parallèlement à la saisine, écrivez au commissaire de justice. Beaucoup d'erreurs de quotité se règlent ainsi, sans audience — et le courrier constitue une trace utile si le dossier va devant le juge.

[Vos nom, prénom et adresse]

[Nom et adresse de l'étude de commissaires de justice]

Objet : dossier [référence] — saisie de mes rémunérations : demande de justificatifs et de rectification Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Mon employeur m'a informé de la mise en œuvre d'une saisie de mes rémunérations à votre initiative, pour le compte de [nom du créancier].

Avant toute exécution, je vous demande de me communiquer : la copie du titre exécutoire fondant cette mesure ainsi que de son acte de signification ; le décompte détaillé des sommes réclamées, distinguant le principal, les intérêts et leur taux, les frais d'exécution et, le cas échéant, les frais de recouvrement amiable.

Je vous rappelle que les frais de recouvrement amiable restent à la charge du créancier en application de l'article L111-8 du Code des procédures civiles d'exécution, et que le droit d'exécuter un titre exécutoire se prescrit par dix ans (article L111-4 du même code).

Je vous informe par ailleurs que j'ai [nombre] personne(s) à ma charge : [énumération]. Les justificatifs correspondants sont joints à la présente. Je vous demande de faire application de la majoration des tranches prévue par le barème en vigueur et de rectifier en conséquence le calcul de la quotité saisissable.

À défaut de réponse dans un délai de quinze jours, je saisirai le juge de l'exécution.

La présente lettre ne vaut ni reconnaissance de dette, ni renonciation à un quelconque moyen.

Fait à [lieu], le [date] [Signature]

Et votre employeur dans tout cela

Votre employeur est un tiers saisi : il applique, il ne décide pas. Il ne peut pas vous sanctionner, vous licencier ni modifier vos conditions de travail au motif d'une saisie. Il est en revanche tenu de déclarer votre situation et de verser la fraction saisissable, sous peine d'être déclaré personnellement débiteur des retenues non effectuées. Inutile de négocier avec lui : la discussion se tient avec le commissaire de justice, ou devant le juge.

Analysez votre courrier gratuitement : notre IA vérifie si le titre invoqué existe, si la dette est encore exécutable et si le décompte contient des frais qui n'ont pas lieu d'y être. Résultat en 3 minutes, confidentiel.

Dette prescrite ? Vice de forme ?

Notre IA analyse votre courrier de recouvrement et vous donne un score de probabilité — gratuit et confidentiel.

Analyser ma lettre gratuitement

Articles liés

Lettres types

Saisie de votre compte bancaire : comment contester dans le délai d'un mois

Une saisie-attribution bloque votre compte immédiatement, mais elle enferme aussi le créancier dans des délais stricts : huit jours pour vous la dénoncer, un mois pour que vous la contestiez.

Lettres types

Fichage FICP : durées réelles, radiation anticipée et modèle de lettre

Le FICP n'est pas une liste noire perpétuelle : la radiation est de droit dès que la dette est réglée. Et une société de recouvrement ne peut pas vous y inscrire.

Lettres types

Modèle de lettre : demander des délais de paiement (délai de grâce)

Le juge peut échelonner votre dette sur deux ans, réduire les intérêts et suspendre les saisies. Mais attention : demander des délais vaut reconnaissance de dette.